Une créance sérieusement contestée doit, en principe, faire l'objet d'une procédure de recouvrement au fond.

Mais avant de vous engager dans une démarche généralement longue, parfois onéreuse et dont l'issue demeure incertaine, pourquoi ne pas envisager un "coup de bluff", en la forme d'une procédure d'injonction de payer ?

Vous miserez ainsi sur la naïveté de votre débiteur, sur son manque d'organisation ou sur son ignorance totale du droit et des procédures judiciaires. La procédure d'injonction de payer est en général adaptée à ce type de débiteur, car elle n'est pas contradictoire (le débiteur n'est pas convoqué et ne peut réagir qu'a posteriori).

Il vous suffit d'adresser votre requête au juge compétent, accompagnée des pièces justificatives. Le juge rendra une ordonnance sans entendre préalablement les parties. Le débiteur ne pourra donc pas faire valoir ses arguments. L'ordonnance rendue par le juge devra lui être signifiée par voie d'huissier. Il disposera à partir de ce moment d'un délai d'un mois pour y faire opposition. S'il fait opposition, votre démarche aura été vaine. La procédure se transformera alors en procès "traditionnel" et vous aurez perdu tout le bénéfice de l'injonction de payer, si simple et si rapide... lorsque le débiteur reste inerte !

A priori, il semble exister une contradiction entre le fait que votre débiteur conteste la réalité de sa dette et la perspective de le voir rester inerte face à votre action judiciaire. Mais la procédure d'injonction de payer peut être perçue par le débiteur comme une "super lettre recommandée", une sorte de mise en demeure solennelle, adressée par un juge. Le débiteur n'imaginera peut-être pas que l'on puisse être condamné irrévocablement par un tribunal sans jamais y avoir été convoqué.

Si votre débiteur n'a jamais réagi à vos courriers, même recommandés, se contentant de réfuter vigoureusement la réalité de sa dette à l'occasion de vos relances verbales, alors l'injonction de payer pourra être envisagée, dans l'espoir que le débiteur ne fera pas opposition à l'ordonnance qui lui sera signifiée.

En pratique, les particuliers négligent souvent de faire opposition à une ordonnance portant injonction de payer, ce qui est évidemment moins vrai des commerçants.